Baltimore, 2015, j’y étais! – L’après, partie 1 – Baltimore, 2015, I was there! After, part 1.

Avant de partir à Baltimore, j’avais eu une conversation sur Facebook avec mes partenaires de voyage, qui allaient partager une chambre avec moi. Je disais qu’il y allait avoir un « avant Baltimore », qui allait se lire ainsi:

  • M’interroger à savoir si j’allais porter ma robe à crinoline lors du banquet du samedi soir, ou si j’allais plutôt adopter le style vestimentaire « cabane à sucre », avec des cuillères en bois et un chapeau de castor, comme dans tous les bons vieux clichés québécois;
  • Aller voir le film Inside Out, et songer sérieusement à troquer ma robe à crinoline contre un déguisement du personnage de Joy (robe verte et perruque bleue) question de montrer à mes futurs nouveaux amis américains que le bégaiement n’a affecté en rien ma joie de vivre;
  • Faire le ménage de l’appartement;
  • Et bien d’autres.
 Je savais qu’il y allait avoir aussi un « après-Baltimore ». Je disais en riant que ça allait changer notre vie, et tout et tout.
 Je le répète : EN RIANT. Je prenais « l’après-Baltimore » bien trop à la légère.
 Come on, là! Tu ne pars pas faire le tour de l’Asie pendant un an avec le sac au dos et 10 yens dans tes poches! Tu ne prends même pas l’avion! Tu pars juste pendant une semaine, dans le pays voisin du tien!
 Ça n’avait rien à voir avec une longue fin de semaine à New York, un séjour en camping ou un tout-inclus dans le Sud. Parce que je le dis sérieusement : j’ai vu la beauté de l’être humain. Et ce voyage m’a fait changer ma philosophie sur le bégaiement, les relations humaines et certaines choses de la vie.
 La fin de l’été 2015 a été une période étrange. De retour au Québec, je vivais une sorte de choc du retour, chez moi, dans mon environnement familier.
 
– Je finis ma maîtrise à 24 ans, je me marie à 25 ans, je m’achète une maison en banlieue à 26 ans, je tombe enceinte de Léa à 27 ans, j’obtiens une promotion à 28 ans et je tombe enceinte de Thomas à 29 ans. À 30 ans, j’aurai donc réussi dans la vie!
– Léa et Thomas mangeront de la nourriture biologique, végan et sans gluten, mais ils auront une politesse exemplaire et une excellente capacité d’adaptation, alors ils finiront toute leur assiette sans rechigner si on va souper chez des amis et qu’il y a des hamburgers ou du poulet au menu. Ils seront quadrilingues, feront du hockey, de la danse, de l’improvisation, du patinage artistique, de la méditation et de la guitare, seront premiers de classe et sauront où se trouve Sao Tomé et Principe sur un globe terrestre.
– Je ne suis jamais sorti de ma petite ville, j’ai toujours côtoyé mon groupe d’amis qui me ressemble, qui écoute la même musique que moi, qui vote pour le même parti politique que moi aux élections et qui magasine aux même boutiques que moi. Traverser le Pont Champlain pour aller à Montréal? Jamais de la vie! (panique et hyperventilation).
– Il pleut dehors. Nos vacances d’été sont gâchées!
– J’ai pris 2 livres. Ma vie est foutue. En plus, j’ai des cheveux gris et des pattes d’oie! (insérer ici une trame sonore de fin du monde).

Bienvenue à la maison.

J’étais au-dessus de tout ça. Je trouvais ce genre de propos tellement futile.

Le paraître au lieu de l’être. L’obsession de la perfection, du corps parfait, de la vie parfaite, des vacances parfaites et de paraître parfait. Le refus de sortir de sa zone de confort. La conformité. La peur de déplaire aux parents, aux voisins, aux amis, aux étrangers. Je n’étais plus capable.

 J’ai brillé par mon absence à certaines activités familiales et sociales. Je savais bien trop que j’allais avoir des comptes à rendre, et je n’avais tellement pas envie de rendre des comptes. Des comptes du style : T’as fait quoi dans tes vacances? Tu as voyagé? Où, avec qui, tu as  visité quoi, quelle date?
 Je ne voulais pas me compliquer la vie. Je voulais de la simplicité, de l’authenticité, des relations vraies, de la vérité, de l’honnêteté. Cette simplicité que j’avais expérimentée aux États-Unis me manquait.
(La suite est à venir!)
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Before going in Baltimore, I had a conversation on Facebook with my roommates. I said that there will have a period  called « Before Baltimore »:
  • Will I wear a puffy dress for the saturday night banquet, or will I decide to wear sugar-shack-style clothes with wood spoons and a beaver hat, just like the typical quebecer stereotypes?
  • Watching the movie Inside Out, and thinking seriously to wear the costume of Joy (green dress and blue wig) instead of my puffy dress, because I wanted to show to all my new american friends that my stuttering doesn’t affect my happiness.
  • Cleaning the apartment.
  • And many more.
I knew that there will also be a period called « After-Baltimore ». I laughed and I said that this travel will change our life.

I repeat it. : I LAUGHED. I did not anticipate so much the « After-Baltimore » period.

Come on! You are not coming in Asia during one year with a backpack and 10 yens in your pockets! You don’t have to fly! You only leave for a week, in the country near from yours!

It was not like a long weekend in New York, a camping trip or a week in Cuba. I tell it seriously : I saw the flourish of the human being. And this trip helped me to change my own philosophy about my stuttering, human relationships, and life.
The end of the summer 2015 was a strange period for me. I was in such a cultural shock, at home,  in my familiar environment, in my country.
– I will finish my master degree at 24 years old, I will get married at 25, I will buy a house in the suburbs at 26, I will be pregnant of my first daughter at 27, I will obtain a promotion at 28, I will be pregnant of my son at 29. So at 30 years old, my life will be successful!
– My kids Lea and Thomas will eat biologic and vegan food, gluten free, but they will be polite and adaptative, so they will eat everything without whining when our friends will invite us to dinner and serve us hamburgers and chicken. My kids will speak 4 languages, practice hockey, dance, impro, figure skating, meditation and guitar, they will be the best students of their school and they will know where is Sao Tomé and Principe on the globe.
– I never went out of my little town, I always have the same group of friends who are just like me. We listen the same music, we vote for the same political party and we shop at the same places. Taking the Champlain Bridge for going in Montréal? Never! (Panic reaction and hyperventilation).
– It’s raining outside. Our summer vacations are a failure!

– I gained 2 pounds. My life sucks. And I have grey hair and wrinkles! (end of the world-style music).

Welcome home!

I thought that these sentences were frivolous.
Looking good were more important than just being. There was the obsession of perfection, perfect body, perfect life, perfect vacation, and perfect appearance. The fear of going out of our confort zone. The conformity. The fear of displeasing our parents, our neighbours, our friends, and perfect strangers.
I could not take it anymore.
So I decided to be absent in some social events and family activities. I knew that I would have to tell every details of my life to everybody, and I was not sure that I really wanted it.
What did you do this summer? Did you travel? Where did you go in vacation? Who was with you? Which attractions did you visit? When did you have a vacation?
I just wanted to make my life less complicated. I wanted simplicity, true relationships, verity, honesty. I missed the simplicity that I experimented when I went in USA.
(The next part will come soon!)
Baltimore, 2015, j’y étais! – L’après, partie 1 – Baltimore, 2015, I was there! After, part 1.

Mythes sur le bégaiement, partie 6! / Myths about stuttering, part 6!

Mythe # 6 : « Le bégaiement est causé par les parents ou la famille ».

*Je ne suis pas orthophoniste. J’ai écrit cet article selon mon point de vue de personne qui bégaie, membre du conseil d’administration d’un organisme de soutien aux personnes qui bégaient.

Mes commentaires :

Lorsqu’un parent s’aperçoit que son enfant bégaie, cela peut s’avérer déstabilisant. Il peut se questionner. Ne pas savoir quelle est la meilleure attitude à adopter. Se sentir seul. S’inquiéter. Tout cela est très normal, tout particulièrement si le parent n’est pas familier avec le bégaiement.

Certains parents peuvent se culpabiliser. « Est-ce de ma faute, ou de celle de mon mari, si mon enfant bégaie? » « Le bégaiement de mon enfant est-t-il causé par les changements qui ont lieu dans notre vie ou par notre horaire chargé? » « Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal? » et surtout  « Pourquoi moi, pourquoi nous? »

Ça me brise le cœur de voir des parents se sentir coupables au sujet du bégaiement de leurs enfants. Et c’est pourquoi j’ai décidé d’écrire cet article.

Le bégaiement n’est aucunement la faute des parents, ni de la famille, ni des personnes que l’enfant côtoie au quotidien (enseignants, éducateurs).

Toutefois, en me basant sur mon expérience personnelle, j’avais envie d’ajouter mes réflexions et suggestions.

1-Punir l’enfant lorsqu’il bégaie est une mauvaise idée. Bégayer n’est pas un comportement qui est « bien » ou « mal », alors il ne sert à rien de punir l’enfant à cause de son bégaiement. D’autant plus que l’enfant n’a pas choisi de devenir bègue et ce n’est pas sa faute. Avec la punition associée au bégaiement, l’enfant risque de devenir simplement traumatisé à l’idée de communiquer en présence de ses parents, par crainte de bégayer à nouveau et d’être puni.

2-Un support, une ouverture, une communication authentique et un amour inconditionnel sont à mon avis des attitudes souhaitables de la part des parents. Lorsque j’ai assisté à des congrès sur le bégaiement, par exemple, à celui de la National Stuttering Association (NSA), aux Etats-Unis, j’ai eu la chance de parler avec des parents d’enfants qui bégaient, qui venaient par exemple, s’informer sur le sujet. J’ai été également agréablement surprise de constater que plusieurs adolescents et jeunes adultes étaient venus au congrès accompagnés de leurs parents. Quelle belle marque de solidarité de la part de la famille! 🙂

3- À mon avis, il est préférable que la famille manifeste une ouverture à parler du bégaiement avec l’enfant. De toute façon, il est fort possible que tôt ou tard, il aura envie d’en parler! Le bégaiement ne devrait pas être un sujet honteux, tabou, minimisé ou nié. La famille devrait maintenir la communication avec l’enfant qui bégaie. À l’inverse, mettre trop l’accent sur le bégaiement de l’enfant, par exemple, en comptabilisant le nombre de blocages, ou en exigeant une élocution parfaite, peut devenir une source de stress pour ce dernier.

Il existe des ressources qui peuvent venir en aide aux familles ou répondre à leurs questions, par exemple, les orthophonistes et les organismes/associations de soutien aux personnes qui bégaient.

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Myth # 6 : « Stuttering is caused by parents or family ».

*I am not a speech language pathologist. I wrote this article as a person who stutter, member of board of directors of an association for people who stutter.

My comments:

It could be destabilizing for a parent to see that our child stutter. The parent could ask itself a lot of questions and possibly doesn’t know the best attitude to adopt. The parent could also feel alone and worry about the child. This is normal, especially if the parent is not familiar with stuttering.

Some parents could also blame themselves : « Is it my fault or the fault of my husband if our child stutter? Is the stuttering could be caused by our busy schedule or the many changes in our lives? Did I do something wrong? Why me? Why us? »

I am sad to see parents blaming themselves for the stuttering of their children. This is why I decided to write this article.

Stuttering is not caused by parents, family, teachers and educators.

However, based on my own experience, I would share my thoughts and advices.

1- Punishing the child if he stutters is not right. Stuttering is not a « good » or « bad » behavior, so this is not a good idea to punish him. The child did not choose to stutter and this is not his fault. With the punishment related to stuttering, the child will probably be scared to communicate in the presence of the parents, so it won’t help, the child will just be afraid to stutter and to be punished again.

2-A support, an open-minded attitude, a true communication and an unconditional love from parents are good attitudes to deal with stuttering. When I attended stuttering events, for example, the National Stuttering Association (NSA) Conference in Baltimore (USA) in July 2015, I talked with parents of kids who stutter who wanted to get information about this topic. I also met many teenagers and young adults who came to the conference with their parents. What a great act of solidarity! 🙂

3-The family have to be open to talk about stuttering with the child. Anyway, it’s possible that the child will talk about it when he will be ready. Stuttering should not be a taboo, a shameful subject, or denied. The family should keep the communication with the child who stutter. Also, focusing too much on the stuttering could be stressful for the child, for example, counting the number of blocks or requiring a perfect speech. This would not be helpful…

Many resources could help families with children who stutter, for example, speech language pathologists (SLP) and associations for people who stutter.

 

Mythes sur le bégaiement, partie 6! / Myths about stuttering, part 6!

Résolutions et reportages, partie 2 – Resolutions and reports, part 2

Quelques mois après la rédaction de la liste, je visionnais des reportages sur YouTube au sujet du bégaiement. Dont un super reportage qui date sans doute des années 1980 (hypothèse basée sur les coupes « Longueuil » et les vêtements bigarrés typiques de l’époque), mais tout de même encore d’actualité, pour ma culture personnelle.

Dans ces reportages, j’ai vu des scènes qui m’ont choquée, ou qui m’ont fait réagir :

  • Un homme qui bégaie au téléphone en tentant de commander une pizza. Voyant que l’homme a de la difficulté à prononcer le mot « delivery » (livraison), l’employé du restaurant soupire d’impatience, lui demande de se dépêcher, et finit par lui raccrocher la ligne au nez.
  • Un jeune homme bègue qui déguste un « petit-déjeuner anti-bégaiement ». Un délicieux repas du matin équilibré et digne d’un grand restaurant, composé de chocolat, de thé…et d’un grand verre d’eau contenant des morceaux d’ail (frissons). Je me pose la question : où sont passés les quatre groupes alimentaires ? Où sont les fruits, les protéines, les produits laitiers et céréaliers? Non mais, réfléchissez à ça : y a-t-il vraiment une étude scientifique sérieuse en médecine ou en orthophonie qui prouve que le bégaiement disparaît comme ça, en buvant un verre d’eau rempli de morceaux d’ail ? Pour ma part, je passe mon tour. J’ai déjà vu mieux comme petit-déjeuner.
  • Trop de parents qui se culpabilisent pour le bégaiement de leurs enfants. J’ai envie de riposter : chers parents, de grâce, cessez de vous rabaisser ou de vouloir trouver un coupable. Le bégaiement n’est de la faute de personne. Ni de la famille, ni des enfants, ni des éducateurs de la garderie! Le bégaiement est là, un point c’est tout.
  • Un jeune garçon puni par sa mère lorsqu’il bégaie. Il faut savoir que l’enfant ne s’est pas levé un beau matin en choisissant de devenir bègue. Rejeter l’enfant, le renier, le ridiculiser, couper toute tentative de communication ou lui administrer une fessée ne sont pas des solutions pour éradiquer le bégaiement. Ces actions vont simplement contribuer à traumatiser l’enfant ou à lui faire perdre toute envie de communiquer. Est-ce vraiment ça que les parents souhaitent ?
  • Un banquier qui se dit à risque de perdre son emploi à cause de son bégaiement. Toujours dans la thématique de l’employabilité, j’ai également visionné la présentation d’une personne avec un bégaiement très léger, qui reçoit des prestations d’invalidité depuis 20 ans à cause de son bégaiement. Suis-je la seule à bouillir de colère en voyant des situations de ce genre? En réalité, les personnes qui bégaient peuvent très bien aller au cégep, à l’université ou apprendre une formation professionnelle si elles le souhaitent, faire carrière dans le domaine de leur choix et contribuer à la société en tant que travailleurs. Le bégaiement n’est pas une contrainte à l’emploi, ni une condamnation à dépendre du bien-être social (BS) à long terme pour survivre.

Et j’ai gardé le plus terrible pour la fin :

  • Une mère dont le fils s’est suicidé à cause de son bégaiement.

Minute de silence.

Je trouve ça tellement triste, c’est tout. Je suis sans mots.

Dans l’introduction du reportage qui date sûrement des années 1980, la narratrice dit que la majorité des personnes qui bégaient ont déjà pensé au suicide. Je touche du bois, je n’y ai jamais songé un seul instant. Jamais.

Pourquoi? Je me pose la question. Peut-être que je ne bégaie pas assez? Si ça me prendrait 3 minutes et 23 secondes à dire mon prénom, est-ce que j’aurais une opinion différente?

Aussi ironique que cela puisse paraître, je suis reconnaissante pour la fluidité de parole que j’ai, en dépit de mon bégaiement. Je sais que ça pourrait être bien pire. Et j’ai confiance en la vie. Je refuse aussi que la peur de bégayer dicte ma vie.

Pour ma part, je refuse de me considérer comme une victime. Je ne suis pas une victime!

Et je veux profiter du fait que je suis vivante pour communiquer, puisque je peux le faire. Communiquer des faits, des témoignages, des idées, de l’espoir, de l’aide, des opinions, des revendications, des tranches de vie.

Parce qu’au-delà du bégaiement, il y a la vie.

NDLR : Après le visionnement des reportages, j’ai mis à jour ma liste (voir la partie 1) en y ajoutant ceci : « 79- Aller proposer mes services pour aller parler bénévolement de joie de vivre et de l’importance de la persévérance scolaire, dans des organismes de soutien pour personnes qui bégaient ». Ce qui fut le point de départ d’une aventure enrichissante…:)

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A few months after writing the bucket list, I watched documentaries on Youtube about stuttering, including a wonderful video probably created in the1980s (I based this hypothesis on mullets and colorful clothes typical of these years). However, the content is still actual for my own interest.

In those videos, I watched many scenes that shocked me, or made me react:

  • A man who stuttered on the phone while he tried to order a pizza. The man struggled to pronounce the word “delivery”, and then, the restaurant employee sighed with impatience, asked him to hurry up and finally got off the phone.
  • A young man who stutter who ate an « anti-stuttering breakfast ». A delicious morning meal that could be served in any fancy restaurant. The meal contains : pieces of chocolate, tea…and a big glass of water filled with pieces of garlic (yucky!). Now, let me asking the question : where are the four healthy groups of food? Where are the fruits, the proteins, the dairy products and the cereals? Hey, just think about it : is there a serious scientific research in medecine or in speech language pathology that proves stuttering could really disappear just like that, while drinking a glass of water full of garlic? Don’t count on me to try this. I have seen better breakfasts.
  • A lot of parents who blamed themselves about the stuttering of their children. I just want to tell them : dear parents, please stop blaming yourselves, and stop trying to find a guilt! Stuttering is not the fault of anybody. It’s not the fault of the family, the kids, or the daycare staff! Stuttering is there, and we should accept it and live peacefully with it.
  • A young boy who received a punishment from his mother when he stutters. You should know that the kid did not tell himself many years ago : “Hey, maybe I should become a stutterer?!” Rejecting the child, disowning him, mocking him, stopping every communication with the child or beating him are not valuable solutions to control his speech. The boy will simply be traumatized, and then, he will lose his willingness to communicate again. Does the mother really wants it for her kid?
  • A banker who risked to lose his job because he stutters. Always about the job/employment topic, I also watched the presentation of a man with a very mild stutter. This man didn’t have a job, and received invalidity governmental assistance because he stutters. I am upset about this situation, am I the only one? In the facts, people who stutter can go to the college, the university or to the professional field if they want, have a career in their field of studies and contribute to the society as workers. Stuttering is not a barrier to find a job, and it’s not a reason to get social assistance for many years to survive.

And I reserve the more tragical for the end :

  • A mother who talked about her son who commited suicide because of his stutter.

Moment of silence.

This is very sad. I am speechless.

In the beginning of the video probably created in the 1980s, the narrator said, with a dramatic voice, that the majority of people who stutter already had suicidal thoughts. I cross my fingers, I never thought about suicide. Never once.

I don’t know why. I am asking the question to myself. Maybe I don’t stutter enough ? If telling my own name took me about 3 minutes and 23 seconds, would it be different ?

As ironic as it could be, I am grateful for the level of fluency of my speech, in despite of stuttering. I know that it could be so worse. I refuse that the fear of stuttering leads my life.

I refuse to act like a victim. I am not a victim!

And I want to enjoy the fact that I am alive. I want to communicate, because I can do it. I want to communicate facts, personal stories, ideas, hope, help, opinions, claimings and slices of life.

Because beyond stuttering, there is… the life.

PS : After watching those videos, I updated my bucket list and I added the point « #79: Talking about stuttering, happiness and school persistence in partnership with associations of help for people who stutter ». It was the beginning of a beautiful journey 🙂

Résolutions et reportages, partie 2 – Resolutions and reports, part 2

Résolutions et reportages, partie 1 – Resolutions and reports, part 1

Résolutions et reportages (partie 1)

Extraits de ma liste de choses à réaliser dans ma vie :

1- Avoir un emploi que j’aime (check !)

4- Réussir mon sucre à la crème (à venir!)

5 –Acheter une maison en banlieue, une tondeuse, une souffleuse, une minivan, des taxes municipales et des petites roches pour garnir l’entrée

7- Me marier à 28,3 ans et avoir 3,2 enfants

11- Avoir des REER (très palpitant!)

Bon, maintenant, passons aux choses Très Sérieuses… les résolutions en lien avec le bégaiement…

17- Lâcher prise sur les exercices de la Poupée de Chiffon, du Bonhomme Chamallow et des Billes dans la Bouche.

Non mais!!!! Il faut être fou pour demander à quelqu’un d’articuler avec des billes dans la bouche? C’est dangereux!

(Ma propre réaction pendant le visionnement du film The King’s Speech, plus spécifiquement, la scène où le roi George VI crache une tonne de billes de sa bouche en voulant faire un exercice d’orthophonie en vogue dans une époque lointaine. La légende dit que Démosthène, orateur grec qui a vécu dans les années 300  avant Jésus-Christ, s’exerçait à articuler avec des roches dans la bouche pour vaincre son bégaiement. Pour ma part, je ne veux même pas savoir ce que ça goûte, des roches.)

18- Envoyer promener les théories de l’ordre socioaffectif ou psychanalytique au sujet du bégaiement. La personne qui bégaie n’est pas obligé de devenir un moine bouddhiste ou de s’apparenter à un sosie humain de Porcinet, non?

Référence subtile à la mentalité voulant que le bégaiement soit dû au stress et/ou à l’émotivité et que le meilleur remède soit une vie zen, tranquille, coupée de la civilisation et dépourvue de toute source de stress. Seconde référence subtile à l’image populaire voulant qu’un bègue soit timide et ait peur de son ombre. Ambiance musicale : Porcinet a peur.

19- Faire de l’éducation populaire sur le bégaiement auprès des personnes non-bègues.

« Je bégaie car j’ai eu un choc émotif quand mon frère est né. » (encore la mentalité de la vieille école).

« Je bégaie parce que je suis timide et que je n’ai pas confiance en moi. » (Voilà un autre mythe qui a la couenne dure).

« J’ai bégayé jusqu’à ce que je perde ma virginité. » (Ça, c’est n’importe quoi, mais je l’ai déjà entendu. Toujours sur le thème de la sexualité/histoires de bonnes femmes, j’ajoute le mythe voulant que le bégaiement soit causé par une libido mal canalisée).

« Le médecin m’a coupé le filet de la langue pour que j’arrête de bégayer! » (entendu à quelques reprises dans les années 2000, plutôt qu’à l’ère des hommes de Cro-Magnon).

Come on… on me prend vraiment pour une dinde? J’ai fait de l’éducation populaire sur le bégaiement toute ma vie. J’en fais encore. Combien de fois, notamment dans mon parcours scolaire, ai-je contredit des gens qui croyaient à tort que j’étais dyslexique, ou juste maladivement timide…juste car je bégayais? À mon humble avis, les théories ci-haut sont archaïques. Dépassées. Je ne comprends pas pourquoi, au 21e siècle, certaines personnes gobent encore ça sans broncher.

Et il faut aussi faire la différence entre la personne non-bègue, qui bégaie occasionnellement, par exemple, sous l’effet du stress ou quand elle cherche simplement ses mots, et la personne bègue, dont le bégaiement fait davantage figure de difficulté au quotidien plutôt que de la conséquence d’un mini-stress passager. Une personne bègue peut souvent avoir de la difficulté à dire son nom, à lire à voix haute ou à commander son repas au restaurant.

20- Montrer, de façon plus urgente que jamais, que bégaiement n’est pas synonyme de timidité, et qu’on peut bégayer et réussir dans la vie.

Entre temps, j’ai laissé reposer ma liste. Jusqu’à ce qu’un évènement inattendu ne survienne…

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There is some points of my bucket list

1- Getting a job that I enjoy (check!)

4- Cooking some good « sugar and cream »

5- Buying a house in the suburbs, a minivan, a mower, a snowblower, municipal taxes and a lot of gravel

7- Getting married at the age of 28,3 years old, and having 3,2 kids

11- Having a RRSP (Yeah, this is really funny!)

Okay, instead, I will talk about the Very Serious Things : the goals related to my stuttering…

17- Letting go about the exercices of the Chiffon Doll and the Pebbles in the Mouth.

Hey, this is crazy to ask to someone else to tell something with pebbles in the mouth! This is dangerous!!

(My own reaction when I watched the movie The King’s Speech, specifically, when the King George VI spitted a lot a pebbles out of his mouth while he tried to do a speech exercice used in a lointain era. The legend tells us that Demosthene, a greek orator who lived about 300 years before Jesus-Christ, practiced a similar exercice for his stuttering. This exercice consists to say words while having rocks in the mouth. Personally, I don’t want to know what is the taste of a rock.)

18- Don’t believing the socioaffective and psychoanalytic theories about stuttering. People who stutter should not become Buddhist monks, or should not become the spitting image of Piglet, right?

This is a subtile allusion of the following mentality : stuttering is caused by stress and/or emotivity, and the best cure is a zen and quiet lifestyle, outside the civilization, without any source of stress. Second subtile allusion of the traditional image of a person who stutter because he/she is shy and afraid of his/her shadow. Musical background : Piglet is scared.

19- Educating people about stuttering

« I stutter because when I was a child, I had an emotive shock when my brother was born” (the ancient, outdated way of thinking…).

« I stutter because I am shy and I have a lack of self-confidence ». (Another tough myth…).

« I stuttered until the moment I lost my virginity”. (This is simply another myth, but I used to hear it. Always on the topic of weird and ancient theories about stuttering and sexuality, I will add the following myth : stuttering is caused by a libido out of control.

« The doctor cut the cartilage of my tongue, to eradicate my stuttering” (I heard it a few times in the 21th century, not in the cavemen era).

Do I really need to explain that these myths are all false?

I educated people about stuttering during my whole life, and I am still educate them. How many times, especially in my school journey, did I contradict people who believed that I was dyslexic, or very shy…just because I stuttered? In my humble opinion, these theories about stuttering are archaic. Outdated. I don’t know why today, some people still believe these myths. I think that there is still a lot of work to do to educate, advertise and inform people about stuttering.

We should also make the difference between 1- the fluent people (99% of the adult population), who stutter occasionally in a stressful situation, when they are tired, or when they try to find their words, and 2- the people who stutter (1% of the adult population). For these people, stuttering is not the consequence of a mild and temporary moment of stress, but a daily difficulty. For example, a person who stutter will probably struggle to say his/her own name, read out loud, or order a meal at a restaurant.

20- Showing urgently that « stuttering » is not a synonym of « shyness », and we could have a good life in despite of the stuttering.

I did not write anything on the list, until an unexpected event happened…

Résolutions et reportages, partie 1 – Resolutions and reports, part 1

Baltimore, juillet 2015 – j’y étais! / Baltimore, july 2015 – I was there!

Liste de choses à faire lors du congrès de la National Stuttering Association (NSA) :

  1. Mettre le feu à Baltimore (au sens figuré, évidemment!);
  2. Profiter du moment présent;
  3. Rencontrer plein de personnes qui bégaient;
  4. Participer à une session à micro ouvert en anglais;
  5. Promouvoir la mentalité : « Je bégaie, et après? J’ai confiance en moi! »;
  6. Écrire « What’s my name? If you want to know it, just talk to me! » au verso de ma cocarde, plutôt que mon vrai prénom.

La National Stuttering Association (NSA) est une association basée aux États-Unis, dont la mission est de soutenir et d’informer les personnes qui bégaient. Pendant l’été 2015, j’ai eu l’honneur de participer au 32e congrès de la NSA. Cette année, l’évènement s’est déroulé dans la ville de Baltimore, dans l’État du Maryland. Imaginez un congrès qui rassemble plusieurs centaines de personnes qui bégaient ou qui sont concernées par le bégaiement. Décidément, le bégaiement me donne l’opportunité de faire plein de choses que j’aime : écrire, lire, voyager, rencontrer des gens, communiquer, m’impliquer socialement, organiser des évènements. Je suis une femme très chanceuse et je ne peux pas me plaindre!

Tout d’abord, quelques mots sur certains ateliers auxquels j’ai assistés :

  • Je suis allée à plusieurs activités destinées aux jeunes adultes dans la vingtaine (20 Somethings), dont un groupe de discussion et une session à micro ouvert.
  • For women only (Pour femmes seulement), par Pamela Mertz, Annie Bradberry, Chloe Whittaker, Mara Ormond et Heather Najman, où les participantes étaient invitées, en petits groupes, à échanger sur des sujets pouvant intéresser les femmes, par exemple, rencontrer un partenaire amoureux lorsque l’on bégaie, ou prendre sa place sur le marché du travail.
  • How stuttering makes you a better person (Comment le bégaiement fait de vous une meilleure personne), par Ryan McDermott. Lors des discussions en petit groupe liées à ce thème, plusieurs participants ont soulevé des points positifs que le bégaiement leur a permis de développer, par exemple, une plus grande compassion envers autrui, le sens de l’empathie, le courage et la détermination.
  • The Stuttering Professional, par Wesley Williams. Cette conférence abordait la question du bégaiement dans le monde du travail, par exemple, comment présenter son bégaiement de manière positive lors d’une entrevue d’embauche.

Toutefois, au-delà des conférences et des ateliers auxquels j’ai assisté, j’ai vécu une expérience mémorable sur le plan humain.

Alors que je savourais le moment présent et chaque nouvelle rencontre que je faisais, je revoyais mon parcours. Je me suis rappelée d’un reportage sur le bégaiement que j’avais visionné l’an dernier sur YouTube. Ce documentaire fut le « déclencheur » qui m’a incitée à m’impliquer dans le monde du bégaiement. Le reportage en question dessinait, à mon avis, un portrait très (trop?) sombre des personnes qui bégaient, les dépeignant à tort comme étant malheureuses ou déprimées à cause de cette caractéristique d’élocution. Au congrès de la NSA, j’ai rencontré plusieurs hommes, femmes et enfants, de tous les âges, qui avaient une vision positive et constructive de la vie et de leur bégaiement. Quel revirement de situation! Tout au long de mon séjour à Baltimore, je n’ai aucunement entendu de propos dépressifs, noirs ou pessimistes. Au contraire. J’étais entourée de personnes inspirantes, attachantes et courageuses. Des personnes fortes, authentiques et solidaires. Une équipe. Une famille.

Autre constat réalisé au congrès de la NSA : nous étions très loin de la mentalité incitant les personnes bègues à devoir contrôler, camoufler, éradiquer ou corriger toute trace de bégaiement à tout prix. Nous étions là, bégayant ouvertement sans gêne. Et c’était tout à fait correct de bégayer, même en public. J’y ai rencontré des personnes bègues qui animaient des ateliers, qui présentaient des conférences, qui prenaient spontanément la parole dans les sessions à micro ouvert. Ce faisant, je n’ai entendu aucun ricanement ni aucune moquerie. D’ailleurs, dites-moi, pourquoi aurais-je envie de me moquer des personnes bègues qui prennent la parole? J’avais juste envie de lever mon chapeau, de me lever debout et d’applaudir le courage de toutes ces belles personnes qui m’entouraient.

J’ai été aussi frappée par le fait qu’il était très facile de créer de nouveaux liens. Tout le monde se parlait, sans barrières, ni préjugés. Voilà qui fait un pied de nez au mythe voulant que les personnes bègues soient timides, gênées et renfermés socialement. Combien de fois me suis-je présentée à des personnes que je ne connaissais pas? Combien de fois ai-je répondu aux questions « What’s your name? » et « Where do you come from? »? Combien de nouveaux amis, provenant des quatre coins du Canada et des États-Unis, ai-je croisés sur ma route? Je le répète, je suis extrêmement chanceuse.

Pour les curieux, oui, j’avais bel et bien écrit « What’s my name? If you want to know it, just talk to me! » sur ma cocarde! J’ai voulu faire un clin d’œil au fait que plusieurs personnes qui bégaient ont de la difficulté à prononcer leur propre prénom. Pour ma part, c’est moins pire qu’avant, mais j’ai encore parfois de la difficulté. Dans le contexte du congrès, ma cocarde a servi de brise-glace, mais aussi de marque de commerce!

Personnellement, l’un de mes moments forts de ce congrès fut la session à micro ouvert pendant laquelle j’ai pris la parole au sujet du bégaiement et de la persévérance scolaire, une cause qui me tient à cœur. J’ai tenu à profiter de l’occasion pour encourager toutes les personnes qui bégaient à poursuivre leurs études secondaires, collégiales ou universitaires et à ne jamais abandonner malgré les obstacles. Ce fut une belle occasion de me mettre au défi avant la conférence que je donnerai à ce sujet en octobre 2015.

J’ai envie de continuer à m’impliquer dans la cause du bégaiement, et à mieux faire connaître le bégaiement dans la société, comme je l’ai fait dans la dernière année. Je repars de Baltimore avec une énergie nouvelle, la tête pleine de projets et d’idées. Et j’ai eu une révélation : je m’aperçois que j’adore communiquer à propos du bégaiement, même si c’est dans ma langue seconde (c’était peut-être juste un défi supplémentaire pour moi!). J’ai été inspirée par toutes ces rencontres que j’ai faites. Je suis également fière d’avoir pu inspirer des gens, à mon tour. Il est trop facile d’oublier que l’on peut avoir une influence positive sur les autres. Ça m’encourage vraiment à continuer sur cette lancée.

Je dédie cet article à ceux et celles qui ont partagé, de près ou de loin, une bribe de cette belle aventure avec moi, que ce soit un trajet en voiture, une discussion, un atelier, un repas, un verre, une session à micro ouvert ou une publication sur les médias sociaux. Un immense merci à vous. Vous m’avez fait grandir.

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List of things to do during the National Stuttering Association conference:

  1. Setting fire in Baltimore (figuratively, for sure!);
  2. Enjoying the moment;
  3. Meeting a lot of people who stutter;
  4. Speaking in an open mic session in English (my second language);
  5. Promoting the mentality: « I stutter, so what? I am confident! »;
  6. Writing « What’s my name? If you want to know it, please talk to me! » in the back of my card, rather than my true name.

The National Stuttering Association (NSA) is an association based in United States. Its mission is to help and inform the people who stutter. During the summer 2015, I had the pleasure to participate in the 32 NSA conference. This year, the event happened in Baltimore (in the state of Maryland). Imagine a conference that brings together many hundreds of people who stutter, and people who are concerned by the stuttering (speech language pathologists, families of people who stutter…). In my case, stuttering gave me the opportunity to do a lot of things that I enjoy: writing, reading, traveling, meeting people, communicate, getting socially involved, organizing events. I am incredibly lucky, and I cannot complain!

First of all, here is some few words about the workshops that I attended :

  • I attended many activities for the young adults (20 Somethings), including a discussion group, and an open mic session.
  • For women only, by Pamela Mertz, Annie Bradberry, Chloe Whittaker, Mara Ormond and Heather Najman, where the women, in small groups, were invited to talk about topics that could interest them, for example: dating someone, or taking their place at work.
  • How stuttering makes you a better person, by Ryan McDermott. During the discussions in small groups about this topic, many people talked about positive points that stuttering has allowed them to develop, for example, compassion, empathy, courage and determination.
  • The Stuttering Professional, by Wesley Williams. This workshop was about stuttering in a work environment, for example, how to introduce stuttering in a positive way during job interviews.

However, beyond the conferences and workshops, I had an unforgettable experience, with amazing people.

Whereas I enjoyed the moment in good company, I remembered my own journey. I remembered a video about stuttering that I watched last year on YouTube. Watching this video was a turning point that incited me to get involved in the world of stuttering. The documentary shocked me because it described a very dark (unrealistic, I guess) image of people who stutter. It showed some people who stutter who are unhappy or depressed, because they have a stutter. At NSA conference, I met many men, women and children, who have a positive vision of the life, in despite of their stuttering. What a turn-around situation! During my trip in Baltimore, I never heard whining, depressive or pessimistic words about stuttering! I was surrounded by inspiring, lovely and brave people. Strong, authentic and solidary people. A team. A family.

I realized another finding in the NSA conference. We were so away from the mentality that incites people who stutter to controlling, hiding, erasing or correcting every trace of stutter. We were all there, stuttering openly without shame or shyness. Stuttering was right, even in public. I met people who stutter who leaded workshops, who speaked in front of audiences, who decided spontaneously to talk in the open mic sessions. And guess what? I never heard a laugh or a mockery. And why mocking people who stutter who spoke in front of audiences? I just wanted to put my hat off, and give a standing ovation to all those extraordinary people who surrounded me!

I was also surprised by the fact that it was easy to talk with everybody. Everyone was talking to other people, without any kind of barriers or prejudices. It contradicts the myth pretending the people who stutter are shy and unsociable. How many times did I introduce myself to people that I did not know? How many times did I answer the questions: « What’s your name? » and « Where do you come from? »? How many new friends, from across Canada and United States, did I meet during the event? I repeat it, I am blessed!

For the curious readers, yeah, I really wrote « What’s my name? If you want to know it, please talk to me! » on my card! This is a fact: many people who stutter struggles to pronounce their own name. In my case, this is less worse than before, but this could be still hard. In the context of the conference, my nametag was an ice breaker, but also my trademark!

Personally, one of my highlights of the conference was the open mic session in which I spoke about stuttering and diplomation, a cause that I support. I took this opportunity to encourage all the people who stutter to continue their studies, at high school, college and university, and never give up in despite of the obstacles. It was an opportunity to challenge myself before the talk that I will pronounce about this topic in October 2015.

I need to continue to get involved in stuttering’s world, and make better known stuttering in the society, as I did during the last year. I leave Baltimore with a new energy, with a lot of projects and ideas. And I had a revelation: I love to communicate about stuttering, even if it’s in my second language (maybe it was just only another challenge for me!). I was inspired by all these people that I met there. I was also proud to inspiring people. It’s so easy to forget that we could have a positive influence. It encourages me to continue my work.

I want to dedicate this article to all the people who shared a little part of this adventure with me: a car ride, a discussion, a workshop, a meal, a drink, an open mic session or a post on social medias. Thank you so much! You made me grow.

Baltimore, juillet 2015 – j’y étais! / Baltimore, july 2015 – I was there!

22 octobre, Journée Mondiale du Bégaiement – October 22, International Stuttering Awareness Day

Demain, le 22 octobre, ce sera la Journée Mondiale du Bégaiement.

Pas plus tard que l’année dernière, je n’étais même pas au courant de l’existence de cet évènement.

Je suis tellement fière de mes amis qui bégaient, qui osent en parler ouvertement, écrire des blogues ou des articles sur le bégaiement, donner des conférences, présenter des reportages sur le bégaiement dans les médias, en parler sur les réseaux sociaux, etc.

Pour moi, cet évènement me rappelle qu’il reste encore beaucoup de travail à effectuer pour mieux faire connaître le bégaiement, pour éradiquer les tabous et les mythes qui l’entourent, pour bâtir une image acceptable et positive du bégaiement dans la société plutôt que se contenter des habituels points de vue dramatiques et pessimistes.

J’y travaille encore, pas seulement le 22 octobre.

Bonne Journée Mondiale du Bégaiement à mes amis qui bégaient et à ceux qui sont concernés!

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Tomorrow, on October 22, it’s the International Stuttering Awareness Day.

In the last year, I didn’t know the existence of this event.

I am so proud of all my friends who stutter, who talk openly about stuttering, write blogs posts or articles about stuttering, give presentations, talk about stuttering in the medias and social medias, etc.

This event reminds me that there is still a lot of work to do to inform people about stuttering, eradicate myths and build a positive image of stuttering in the society, instead of the habitual dramatic and pessimistic point of view.

I am still working on it, everyday, not only on October 22.

I would like to wish an happy International Stuttering Awareness Day to all my friends who stutter and to those concerned!

22 octobre, Journée Mondiale du Bégaiement – October 22, International Stuttering Awareness Day

Mythes sur le bégaiement, partie 5! / Myths about stuttering, part #5!

Mythe # 5 : « Plusieurs personnes qui bégaient ont de la difficulté à dire leur prénom »

Mes commentaires : Ce n’est pas un mythe, c’est une réalité chez plusieurs personnes qui bégaient.

Quoi de plus frustrant que d’avoir de la difficulté à prononcer son propre nom? Probablement car on ne peut pas le changer.. .

D’autant plus qu’il faut le dire partout, tout le temps : lorsqu’on se présente à de nouvelles personnes, lorsqu’on se nomme au téléphone, en prenant un rendez-vous chez le dentiste, en réservant une table au restaurant…

Mon prénom commence par une voyelle (un « A »). Et j’ai de la difficulté avec les voyelles en général, la vie est tellement bien faite.

Alors, pourquoi ne pas changer de prénom? Pourquoi ne pas me lancer dans des démarches administratives complexes, coûteuses et interminables? Pourquoi ne pas changer d’identité et jouer en permanence un personnage? Pourquoi ne pas juste demander à quelqu’un d’autre de faire les téléphones pour moi, pour prendre mes rendez-vous divers? Parce que je suis une Grande Fille Mature et je suis très capable de faire ce genre d’appel par moi-même, même si cela implique de bégayer. Et surtout, parce que je veux rester moi-même, simple et honnête. Jouer un personnage, très peu pour moi.

Et je l’aime, moi, mon prénom! C’est juste le bégaiement qui vient s’en mêler et brouiller les cartes.

J’ai essayé plusieurs tactiques, dont ajouter un « C’est » avant de dire mon prénom (taux de succès = encore trop hasardeux), ou encore, dire « Je m’appelle A***** », plutôt que juste « A****** ». Pour le moment, je croise les doigts, c’est ce qui fonctionne le mieux pour moi, même si parfois, ça manque de naturel et la formule ne peut s’adapter à toutes les situations.

Pendant mon séjour à Baltimore (États-Unis) en juillet 2015, dans le cadre du congrès de la National Stuttering Association, j’ai voulu faire un clin d’œil à cette situation. À mon arrivée, on m’avait remis une cocarde avec mon nom. D’humeur taquine, j’ai rayé mon nom, tourné la carte et écrit à la place : « What’s my name? If you want to know it, just talk to me! » (Quel est mon nom? Si vous voulez le savoir, venez me parler!). On m’en parle encore aujourd’hui… 🙂

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Myth # 5: « Saying our name is hard for a lot of people who stutter ».

My comments: This is not a myth, this is the reality for many people who stutter

Having problems to say our name is so frustrating. And we can’t change our name.

We have to say our name everywhere, everytime : when we introduce ourselves to strangers, on the phone, when we make a phone call for an appointment at the dentist office, when we reserve a table at a restaurant…

The first letter of my name is a vowel. I struggle with vowels. This is fair.

I don’t want to change my name. It requires a lot of complex, long and expensive administrative advances. I don’t want to change my identity and playing a role. I don’t want to ask to somebody else to make all my phone calls for me. I am a Big and Mature Girl so I am able to make my phone calls by myself, even if I have to stutter. And I want to be myself, simple and honest. Playing a role, this is not for me…

And I love my name!! I just stutter on it…

I tried many tactics, for example, saying the words « This is  » before my name. It doesn’t work very well everytime… I also tried to say « My name is A****** » rather than only my name. For the moment, I keep my fingers crossed, this is the best tactic for me. But this is not always natural and the sentence could not be adapted to every situation when I need to say my name.

During my trip in Baltimore, in july 2015, for the conference of the National Stuttering Association, I wanted to make a reference about this myth. I received a nametag when I registered myself. I was in a teasing mood, so I deleted my name, I turned the card and I wrote on the back of the card : « What’s my name? If you want to know it, just talk to me! ». Many people that I met in Baltimore remembered it and they are still talking to it with me…:)

Mythes sur le bégaiement, partie 5! / Myths about stuttering, part #5!