C’était en 2003

Cette année-là, je terminais mes études secondaires. Comme plusieurs personnes, au mois de janvier, j’avais rédigé une liste de résolutions, question de partir l’année du bon pied.

Résolution #1 – « Me débarrasser de mon bégaiement ».

Eh oui. Au premier rang de mes résolutions. En tête de liste, rien de moins. Avant même : « Obtenir mon permis de conduire », « M’inscrire au cégep » ou « Aller à mon bal de finissants ».

On est bien loin des classiques « Être un modèle de zénitude en tout temps », « Être une gentille petite fille sage ou un bon garçon » ou « Cesser de manger des jujubes en forme de grenouille ».

Vous avez bien lu.

Non, mais, qu’est-ce qui m’a pris d’écrire ça!! Quel plan de fou!

Trop ambitieuse? Trop complexée? Trop rêveuse? Pas assez mature? Trop naïve? Ou juste irréaliste?

Toujours est-il que 14 ans plus tard, alors que nous fêtions la nouvelle année, des amis m’ont demandé quels étaient mes objectifs de parole pour 2017. L’évocation de cette anecdote m’a fait bien rire.

J’explique. Du haut de mes 16 ans, je n’avais encore jamais vu d’adulte, ni même d’adolescent bégayer. Je pensais alors que le bégaiement était une caractéristique de la parole réservée exclusivement aux jeunes enfants timides ou aux gauchers contrariés d’une époque lointaine. Et étant une droitière naturelle ayant dépassé l’âge de cinq ans, je me demandais ce qui clochait chez moi, et surtout, pourquoi je bégayais encore. Dans mon entourage, à l’école, dans ma famille et dans les médias, les « Grandes Personnes » étaient toutes dotées d’une parole fluide. Alors logiquement, il était clair que « la chose » allait disparaître au même rythme que j’allais avoir des rides et des cheveux gris, non? Du moins, je le pensais.

Vous savez quoi? Je suis une Grande Personne. Et je bégaie encore.

En 2017, j’ai finalement trouvé des réponses à la question que mes amis m’ont posée la veille du jour de l’an : « Quels seront tes objectifs de parole pour la nouvelle année» (traduction libre). Je prône beaucoup le fait de parler ouvertement du bégaiement (advertising) mais j’avoue que je ne suis pas toujours mes propres conseils. Je l’ai souvent fait en 2015, surtout à mon retour de Baltimore. En 2016, globalement, j’ai trouvé plus difficile d’en parler et d’éduquer les gens à ce sujet. Alors en 2017, je veux être tout simplement authentique et cohérente entre ce que je dis, ce que je prône, et ce que je fais.

Finalement, en 2003, je suis allée à mon bal de finissants. J’ai pris aussi des cours de conduite. Et j’ai bégayé pendant mes exposés oraux en français, en anglais et en espagnol…ce qui ne m’a pas empêchée de m’inscrire au cégep.

Bonne année 2017 🙂

 

 

Advertisements
C’était en 2003

2 réflexions sur “C’était en 2003

  1. Ton article est super inspirant Audrey ! 🙂 Tu as raison, moi aussi, plus jeune, me « débarrasser de mon bégaiement » figurait parmi mes objectifs principaux. Je me rends compte aujourd’hui qu’un point de vue plus équilibré sur la question est essentiel !

    J’aime

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s