L’année 2015! / The year 2015!

La fin de l’année 2015 – et le début de la nouvelle année 2016 m’ont inspirée cet article.

À l’aube de l’année 2015, je commençais tout juste à m’impliquer dans le Merveilleux Monde du Bégaiement. Même si je voulais continuer sur cette lancée, sans trop savoir où ça allait me mener, j’étais loin de me douter de ce que 2015 allait me réserver. Ce fut une année très riche en projets et implications de toutes sortes!

Voici donc un bilan de dix évènements heureux (top 10) qui se sont déroulés pour moi, dans le Monde du Bégaiement – pas dans un ordre particulier.

En 2015, j’ai…

1- Participé à l’organisation d’une Journée-rencontre sur le bégaiement en français;

2- Lancé mon blogue Advertising Stories;

3- Participé au congrès de la National Stuttering Association à Baltimore (une aventure inoubliable!!!);

4- Commencé à m’impliquer au conseil d’administration de l’Association des bègues du Canada;

5- Été panéliste en anglais dans un évènement sur le bégaiement à Toronto, organisé par la Canadian Stuttering Association;

6- Donné une conférence sur le bégaiement et la persévérance aux études;

7- Collaboré à un épisode du podcast Stuttering is cool avec une capsule humoristique sur la démystification du bégaiement;

8 Accru ma présence sur les médias sociaux en lien avec le bégaiement  (Facebook, Twitter…);

9- Osé parler librement du bégaiement;

10- Créé des liens avec des personnes fantastiques!!;

Et maintenant, quels sont mes projets pour 2016? Je veux tout simplement continuer à m’impliquer, participer à d’autres évènements sur le bégaiement, que ce soit au Québec, au Canada ou ailleurs dans le monde (Atlanta, here I come!!). Je veux rencontrer des personnes qui bégaient, saisir toutes les opportunités et tous les moyens que j’ai pour communiquer sur le bégaiement. Pas pour promouvoir une fluidité exemplaire à tout prix, mais pour démystifier le bégaiement, sensibiliser, et surtout, en parler de façon positive. Oui, on peut être heureux avec le bégaiement.

Merci à mes lecteurs, à tous mes amis qui partagent cette aventure avec moi. Une heureuse année 2016 à tous 🙂

———-

The end of the year 2015, and the new year 2016 inspired me this article.

When the year 2015 started, I just began to be involved in the Wonderful World of Stuttering. I wanted to continue to stay active, but at that moment, I didn’t expect to have a year 2015 full of projects, opportunities and new meetings! 2015 was an amazing year, a turning point for me.

This is a « top 10 » of my best moments/achievements/events in 2015, in the Wonderful World of Stuttering – Not in a particular order.

In 2015…

1- I co-organized a meetup day about stuttering in French;

2-I launched my blog Advertising stories;

3- I went to the National Stuttering Association Conference in Baltimore (an unforgettable adventure!!);

4- I started to be involved in the board of directors of the Association des bègues du Canada;

5- I was a panelist in English about stuttering in a event organized by the Canadian Stuttering Association, in Toronto;

6- I gave a speech about stuttering and school persistence;

7-I collaborated on an episode of the podcast Stuttering is Cool, with an humorous report about stuttering myths;

8- I was more involved on social medias related to stuttering (Facebook, Twitter…) ;

9- I talked freely about stuttering ;

10- I met fantastic people and friends!!! ;

What are my projects for the new year? I just want to continue my involvement, participate in stuttering events, in Québec, Canada and elsewhere in the world (Atlanta here I come!!). I want to meet people who stutter, communicate about stuttering as often as possible. Not for promoting a perfect fluency, but for demystify stuttering and talk about it in a positive way. It’s possible to be happy with stuttering.

Thanks to all my readers, and to all my friends who share this journey with me. Happy new year to everyone 🙂

 

 

 

 

 

Advertisements
L’année 2015! / The year 2015!

Baltimore, 2015, j’y étais! L’après, partie 2. Baltimore, 2015, I was there! After, part 2

De retour à Montréal, j’avais enlevé mon masque. J’étais authentique, je débordais de joie de vivre. J’engageais la conversation avec des inconnus. Des inconnus qui devaient se dire : « Elle est bizarre, cette fille. Pourquoi elle vient me parler?! Je ne la connais même pas! ». Je pratiquais l’Advertising Libre partout, tout le temps. Au bureau, chez le dentiste, à la banque, à l’arrêt d’autobus, sur les médias sociaux.

Qu’est-ce que j’ai appris?
  • Quand tu as appris que tu pouvais prendre ce que la société juge comme étant un Handicap Terrible et Dramatique et t’en servir comme prétexte pour faire une tonne de choses que tu aimes,  tu n’es plus intéressée à faire semblant de ne jamais avoir vu la couleur de cette Chose Horrible et Monstrueuse et à faire semblant d’être née avec une parole « parfaite ». Je ne suis pas parfaite, d’accord? Mais qui l’est?
  • Quand tu apprends que la communication va bien au-delà de la fluidité de la parole, que tu as une volonté irrésistible de communiquer avec les gens, même si c’est dans ta langue seconde, tu constates que la beauté de la communication, c’est l’authenticité et l’être humain qui est derrière.
  • Quand tu parles simplement avec des parents d’enfants qui bégaient, que tu les rassures en leur disant que le bégaiement n’est pas leur faute et que mieux encore, les parents en question te perçoivent comme un modèle pour leur enfant, les principes « d’avoir un enfant parfait, plus beau et plus performant que ceux des voisins » prennent le bord. Je ne suis pas parfaite et je bégaie, l’ai-je déjà dit?  J’ai envie de dire à toutes les Léa, Léa-Rose, Léa-Lou et Léa-Lola de la nouvelle génération qu’elles ont la permission de défaire leurs nattes blondes et refuser de manger tout le contenu de leur assiette.
  • Quand tu crées des liens avec environ 100 personnes en une semaine, des gens de 7 à 77 ans des quatre coins de l’Amérique du Nord et d’ailleurs dans le monde, tu apprends qu’il y a un univers à découvrir au-delà de ton petit monde.
  • Quand tu fais la connaissance de gens qui ont une soif de vivre et une résilience qui vient avec leur bégaiement, tu reviens à la maison en ayant moins de tolérance face aux jérémiades pour des choses futiles et/ou incontrôlables, comme le temps qu’il fait dehors ou le fait d’avoir un minuscule bourrelet que personne ne remarque, sauf toi-même.
  • Quand tu rencontres des gens qui ont un parcours de vie différent du trio mariage-enfants-maison-et ça urge avant 28 ans, et que tu te poses la question : est-ce que ces personnes ont raté leur vie car ils/elles n’ont pas suivi les standards de « réussite » préétablis par la société? Et mieux encore, j’ai rencontré des personnes qui bégaient et qui vivent des réussites professionnelles, scolaires, sociales, ou autres. Je me rappelle d’un moment où j’étais assise quelque part dans la salle pendant une session à micro ouvert et cette constatation m’avait frappée. Mes propres préjugés et tout ce que la société avait tenté de m’inculquer de négatif à propos du bégaiement venaient de s’effondrer, à mon plus grand soulagement. Le bégaiement n’était donc plus synonyme d’échec, de malheur, de tare, de fatalité ou de faute grave.
  • Quand tu te rends compte que ce qui tu es heureuse dans la vie, que tu as un emploi que tu aimes, la santé, et que tu es bien entourée, mais qu’au-delà de cela, écrire, communiquer, parler, voyager, rencontrer des gens, créer, développer des projets et t’impliquer dans une cause qui te tient à cœur te permet de t’épanouir dans d’autres sphères de la vie, tu en viens à remettre en question certains standards typiques de réussite sociale. Serais-je plus heureuse avec une voiture de l’année, une grosse maison avec une statue de lion devant l’entrée, une hypothèque, un nouveau lave-vaisselle, une immense télévision et du matériel à profusion?

Baltimore m’a changée. Pour le mieux.

Attendez une minute.

Est-ce que je viens d’écrire un texte d’éloge au lâcher-prise? Pourtant, ce n’est tellement pas mon fort.

On se voit à Atlanta!

—————————

When I was back in Montréal, I decided to put off my mask. I just was myself, full of happiness. I started conversations with strangers. These strangers probably thought to themselves : « This girl is weird. Why did she talk to me? I don’t even know her! » I advertised freely everywhere, everytime. At my workplace, at the dentist office, at the bank, at the bus stop, on social medias.

What did I learn?

  • I learned that I could turn something that the society judge as a Terrible and Dramatic Disability as a pretext to do a lot of things that I enjoy. So I am not even interested to pretend never had this Horrible and Horrendous Thing and pretend to be born with a « perfect » speech. I am not perfect, right? But who is?
  • I learned that the communication is more than the fluence of speech. I had an irresistible willingness to communicate with people, even if it was in my second language. I noticed that the communication is just the honesty and the human being behind it.
  • I talked with parents of children who stutter. I reassured them and I told them that stuttering was not their fault. Even better, parents perceived me as a role mode for their children. I am not perfect and I stutter, did I already say it?! So, the mentality to raise perfect kids who are better than the neighbours have no more value.  I just want to tell to every Léa, Léa-Rose, Léa-Lou and Léa-Lola of the new generation that they could disarrange their perfect little blond ponytails and refuse to eat all the content of their plate…
  • When you talk with about 100 people in one week and you make new friends aged 7 – 77 years old, across North America and around the world, you learn that there is a universe beyond your little world.
  • When you met people with happiness and resilience with their stuttering, you return home with less tolerance for the whining about things that you can’t control, such as the weather or a tiny bead that nobody note, except yourself in the front of the mirror.
  • I met people with journeys outside the pattern « marriage-kids-house before 28 years old because without this, my life will be a failure ». Did these people really fail their life because they did not follow the « successful standards » in the society? Even better, I met a lot of people who stutter who have success at school, at work and in their private life. I remember a moment when I was sitting in the room for an open mic session, surrounded by hundreds of people who stutter, and I had that thought. My own prejudices and all the negative thoughts that the society tried to teach me about stuttering had not more value at this moment. Stuttering is not a synonym of failure, sadness, disaster, sin or dramatic thing.
  • I realized that I am happy in my life. I have a good job, health, family, friends…but beyond this, writing, talking, communicate, traveling, meeting people, creating, developing new projects and being involved in a cause makes me happy. Will I be happier with a new car, a big house with a lion statue in the front of the door, a mortgage, a new dishwasher, a new TV and more material than I have right now?

Baltimore made me change, in a good way.

Just wait a minute…did I write an article about letting go? Usually, this is not my forte.

 

See you in Atlanta!

Baltimore, 2015, j’y étais! L’après, partie 2. Baltimore, 2015, I was there! After, part 2

Baltimore, 2015, j’y étais! – L’après, partie 1 – Baltimore, 2015, I was there! After, part 1.

Avant de partir à Baltimore, j’avais eu une conversation sur Facebook avec mes partenaires de voyage, qui allaient partager une chambre avec moi. Je disais qu’il y allait avoir un « avant Baltimore », qui allait se lire ainsi:

  • M’interroger à savoir si j’allais porter ma robe à crinoline lors du banquet du samedi soir, ou si j’allais plutôt adopter le style vestimentaire « cabane à sucre », avec des cuillères en bois et un chapeau de castor, comme dans tous les bons vieux clichés québécois;
  • Aller voir le film Inside Out, et songer sérieusement à troquer ma robe à crinoline contre un déguisement du personnage de Joy (robe verte et perruque bleue) question de montrer à mes futurs nouveaux amis américains que le bégaiement n’a affecté en rien ma joie de vivre;
  • Faire le ménage de l’appartement;
  • Et bien d’autres.
 Je savais qu’il y allait avoir aussi un « après-Baltimore ». Je disais en riant que ça allait changer notre vie, et tout et tout.
 Je le répète : EN RIANT. Je prenais « l’après-Baltimore » bien trop à la légère.
 Come on, là! Tu ne pars pas faire le tour de l’Asie pendant un an avec le sac au dos et 10 yens dans tes poches! Tu ne prends même pas l’avion! Tu pars juste pendant une semaine, dans le pays voisin du tien!
 Ça n’avait rien à voir avec une longue fin de semaine à New York, un séjour en camping ou un tout-inclus dans le Sud. Parce que je le dis sérieusement : j’ai vu la beauté de l’être humain. Et ce voyage m’a fait changer ma philosophie sur le bégaiement, les relations humaines et certaines choses de la vie.
 La fin de l’été 2015 a été une période étrange. De retour au Québec, je vivais une sorte de choc du retour, chez moi, dans mon environnement familier.
 
– Je finis ma maîtrise à 24 ans, je me marie à 25 ans, je m’achète une maison en banlieue à 26 ans, je tombe enceinte de Léa à 27 ans, j’obtiens une promotion à 28 ans et je tombe enceinte de Thomas à 29 ans. À 30 ans, j’aurai donc réussi dans la vie!
– Léa et Thomas mangeront de la nourriture biologique, végan et sans gluten, mais ils auront une politesse exemplaire et une excellente capacité d’adaptation, alors ils finiront toute leur assiette sans rechigner si on va souper chez des amis et qu’il y a des hamburgers ou du poulet au menu. Ils seront quadrilingues, feront du hockey, de la danse, de l’improvisation, du patinage artistique, de la méditation et de la guitare, seront premiers de classe et sauront où se trouve Sao Tomé et Principe sur un globe terrestre.
– Je ne suis jamais sorti de ma petite ville, j’ai toujours côtoyé mon groupe d’amis qui me ressemble, qui écoute la même musique que moi, qui vote pour le même parti politique que moi aux élections et qui magasine aux même boutiques que moi. Traverser le Pont Champlain pour aller à Montréal? Jamais de la vie! (panique et hyperventilation).
– Il pleut dehors. Nos vacances d’été sont gâchées!
– J’ai pris 2 livres. Ma vie est foutue. En plus, j’ai des cheveux gris et des pattes d’oie! (insérer ici une trame sonore de fin du monde).

Bienvenue à la maison.

J’étais au-dessus de tout ça. Je trouvais ce genre de propos tellement futile.

Le paraître au lieu de l’être. L’obsession de la perfection, du corps parfait, de la vie parfaite, des vacances parfaites et de paraître parfait. Le refus de sortir de sa zone de confort. La conformité. La peur de déplaire aux parents, aux voisins, aux amis, aux étrangers. Je n’étais plus capable.

 J’ai brillé par mon absence à certaines activités familiales et sociales. Je savais bien trop que j’allais avoir des comptes à rendre, et je n’avais tellement pas envie de rendre des comptes. Des comptes du style : T’as fait quoi dans tes vacances? Tu as voyagé? Où, avec qui, tu as  visité quoi, quelle date?
 Je ne voulais pas me compliquer la vie. Je voulais de la simplicité, de l’authenticité, des relations vraies, de la vérité, de l’honnêteté. Cette simplicité que j’avais expérimentée aux États-Unis me manquait.
(La suite est à venir!)
———–
Before going in Baltimore, I had a conversation on Facebook with my roommates. I said that there will have a period  called « Before Baltimore »:
  • Will I wear a puffy dress for the saturday night banquet, or will I decide to wear sugar-shack-style clothes with wood spoons and a beaver hat, just like the typical quebecer stereotypes?
  • Watching the movie Inside Out, and thinking seriously to wear the costume of Joy (green dress and blue wig) instead of my puffy dress, because I wanted to show to all my new american friends that my stuttering doesn’t affect my happiness.
  • Cleaning the apartment.
  • And many more.
I knew that there will also be a period called « After-Baltimore ». I laughed and I said that this travel will change our life.

I repeat it. : I LAUGHED. I did not anticipate so much the « After-Baltimore » period.

Come on! You are not coming in Asia during one year with a backpack and 10 yens in your pockets! You don’t have to fly! You only leave for a week, in the country near from yours!

It was not like a long weekend in New York, a camping trip or a week in Cuba. I tell it seriously : I saw the flourish of the human being. And this trip helped me to change my own philosophy about my stuttering, human relationships, and life.
The end of the summer 2015 was a strange period for me. I was in such a cultural shock, at home,  in my familiar environment, in my country.
– I will finish my master degree at 24 years old, I will get married at 25, I will buy a house in the suburbs at 26, I will be pregnant of my first daughter at 27, I will obtain a promotion at 28, I will be pregnant of my son at 29. So at 30 years old, my life will be successful!
– My kids Lea and Thomas will eat biologic and vegan food, gluten free, but they will be polite and adaptative, so they will eat everything without whining when our friends will invite us to dinner and serve us hamburgers and chicken. My kids will speak 4 languages, practice hockey, dance, impro, figure skating, meditation and guitar, they will be the best students of their school and they will know where is Sao Tomé and Principe on the globe.
– I never went out of my little town, I always have the same group of friends who are just like me. We listen the same music, we vote for the same political party and we shop at the same places. Taking the Champlain Bridge for going in Montréal? Never! (Panic reaction and hyperventilation).
– It’s raining outside. Our summer vacations are a failure!

– I gained 2 pounds. My life sucks. And I have grey hair and wrinkles! (end of the world-style music).

Welcome home!

I thought that these sentences were frivolous.
Looking good were more important than just being. There was the obsession of perfection, perfect body, perfect life, perfect vacation, and perfect appearance. The fear of going out of our confort zone. The conformity. The fear of displeasing our parents, our neighbours, our friends, and perfect strangers.
I could not take it anymore.
So I decided to be absent in some social events and family activities. I knew that I would have to tell every details of my life to everybody, and I was not sure that I really wanted it.
What did you do this summer? Did you travel? Where did you go in vacation? Who was with you? Which attractions did you visit? When did you have a vacation?
I just wanted to make my life less complicated. I wanted simplicity, true relationships, verity, honesty. I missed the simplicity that I experimented when I went in USA.
(The next part will come soon!)
Baltimore, 2015, j’y étais! – L’après, partie 1 – Baltimore, 2015, I was there! After, part 1.