Résolutions et reportages, partie 2 – Resolutions and reports, part 2

Quelques mois après la rédaction de la liste, je visionnais des reportages sur YouTube au sujet du bégaiement. Dont un super reportage qui date sans doute des années 1980 (hypothèse basée sur les coupes « Longueuil » et les vêtements bigarrés typiques de l’époque), mais tout de même encore d’actualité, pour ma culture personnelle.

Dans ces reportages, j’ai vu des scènes qui m’ont choquée, ou qui m’ont fait réagir :

  • Un homme qui bégaie au téléphone en tentant de commander une pizza. Voyant que l’homme a de la difficulté à prononcer le mot « delivery » (livraison), l’employé du restaurant soupire d’impatience, lui demande de se dépêcher, et finit par lui raccrocher la ligne au nez.
  • Un jeune homme bègue qui déguste un « petit-déjeuner anti-bégaiement ». Un délicieux repas du matin équilibré et digne d’un grand restaurant, composé de chocolat, de thé…et d’un grand verre d’eau contenant des morceaux d’ail (frissons). Je me pose la question : où sont passés les quatre groupes alimentaires ? Où sont les fruits, les protéines, les produits laitiers et céréaliers? Non mais, réfléchissez à ça : y a-t-il vraiment une étude scientifique sérieuse en médecine ou en orthophonie qui prouve que le bégaiement disparaît comme ça, en buvant un verre d’eau rempli de morceaux d’ail ? Pour ma part, je passe mon tour. J’ai déjà vu mieux comme petit-déjeuner.
  • Trop de parents qui se culpabilisent pour le bégaiement de leurs enfants. J’ai envie de riposter : chers parents, de grâce, cessez de vous rabaisser ou de vouloir trouver un coupable. Le bégaiement n’est de la faute de personne. Ni de la famille, ni des enfants, ni des éducateurs de la garderie! Le bégaiement est là, un point c’est tout.
  • Un jeune garçon puni par sa mère lorsqu’il bégaie. Il faut savoir que l’enfant ne s’est pas levé un beau matin en choisissant de devenir bègue. Rejeter l’enfant, le renier, le ridiculiser, couper toute tentative de communication ou lui administrer une fessée ne sont pas des solutions pour éradiquer le bégaiement. Ces actions vont simplement contribuer à traumatiser l’enfant ou à lui faire perdre toute envie de communiquer. Est-ce vraiment ça que les parents souhaitent ?
  • Un banquier qui se dit à risque de perdre son emploi à cause de son bégaiement. Toujours dans la thématique de l’employabilité, j’ai également visionné la présentation d’une personne avec un bégaiement très léger, qui reçoit des prestations d’invalidité depuis 20 ans à cause de son bégaiement. Suis-je la seule à bouillir de colère en voyant des situations de ce genre? En réalité, les personnes qui bégaient peuvent très bien aller au cégep, à l’université ou apprendre une formation professionnelle si elles le souhaitent, faire carrière dans le domaine de leur choix et contribuer à la société en tant que travailleurs. Le bégaiement n’est pas une contrainte à l’emploi, ni une condamnation à dépendre du bien-être social (BS) à long terme pour survivre.

Et j’ai gardé le plus terrible pour la fin :

  • Une mère dont le fils s’est suicidé à cause de son bégaiement.

Minute de silence.

Je trouve ça tellement triste, c’est tout. Je suis sans mots.

Dans l’introduction du reportage qui date sûrement des années 1980, la narratrice dit que la majorité des personnes qui bégaient ont déjà pensé au suicide. Je touche du bois, je n’y ai jamais songé un seul instant. Jamais.

Pourquoi? Je me pose la question. Peut-être que je ne bégaie pas assez? Si ça me prendrait 3 minutes et 23 secondes à dire mon prénom, est-ce que j’aurais une opinion différente?

Aussi ironique que cela puisse paraître, je suis reconnaissante pour la fluidité de parole que j’ai, en dépit de mon bégaiement. Je sais que ça pourrait être bien pire. Et j’ai confiance en la vie. Je refuse aussi que la peur de bégayer dicte ma vie.

Pour ma part, je refuse de me considérer comme une victime. Je ne suis pas une victime!

Et je veux profiter du fait que je suis vivante pour communiquer, puisque je peux le faire. Communiquer des faits, des témoignages, des idées, de l’espoir, de l’aide, des opinions, des revendications, des tranches de vie.

Parce qu’au-delà du bégaiement, il y a la vie.

NDLR : Après le visionnement des reportages, j’ai mis à jour ma liste (voir la partie 1) en y ajoutant ceci : « 79- Aller proposer mes services pour aller parler bénévolement de joie de vivre et de l’importance de la persévérance scolaire, dans des organismes de soutien pour personnes qui bégaient ». Ce qui fut le point de départ d’une aventure enrichissante…:)

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A few months after writing the bucket list, I watched documentaries on Youtube about stuttering, including a wonderful video probably created in the1980s (I based this hypothesis on mullets and colorful clothes typical of these years). However, the content is still actual for my own interest.

In those videos, I watched many scenes that shocked me, or made me react:

  • A man who stuttered on the phone while he tried to order a pizza. The man struggled to pronounce the word “delivery”, and then, the restaurant employee sighed with impatience, asked him to hurry up and finally got off the phone.
  • A young man who stutter who ate an « anti-stuttering breakfast ». A delicious morning meal that could be served in any fancy restaurant. The meal contains : pieces of chocolate, tea…and a big glass of water filled with pieces of garlic (yucky!). Now, let me asking the question : where are the four healthy groups of food? Where are the fruits, the proteins, the dairy products and the cereals? Hey, just think about it : is there a serious scientific research in medecine or in speech language pathology that proves stuttering could really disappear just like that, while drinking a glass of water full of garlic? Don’t count on me to try this. I have seen better breakfasts.
  • A lot of parents who blamed themselves about the stuttering of their children. I just want to tell them : dear parents, please stop blaming yourselves, and stop trying to find a guilt! Stuttering is not the fault of anybody. It’s not the fault of the family, the kids, or the daycare staff! Stuttering is there, and we should accept it and live peacefully with it.
  • A young boy who received a punishment from his mother when he stutters. You should know that the kid did not tell himself many years ago : “Hey, maybe I should become a stutterer?!” Rejecting the child, disowning him, mocking him, stopping every communication with the child or beating him are not valuable solutions to control his speech. The boy will simply be traumatized, and then, he will lose his willingness to communicate again. Does the mother really wants it for her kid?
  • A banker who risked to lose his job because he stutters. Always about the job/employment topic, I also watched the presentation of a man with a very mild stutter. This man didn’t have a job, and received invalidity governmental assistance because he stutters. I am upset about this situation, am I the only one? In the facts, people who stutter can go to the college, the university or to the professional field if they want, have a career in their field of studies and contribute to the society as workers. Stuttering is not a barrier to find a job, and it’s not a reason to get social assistance for many years to survive.

And I reserve the more tragical for the end :

  • A mother who talked about her son who commited suicide because of his stutter.

Moment of silence.

This is very sad. I am speechless.

In the beginning of the video probably created in the 1980s, the narrator said, with a dramatic voice, that the majority of people who stutter already had suicidal thoughts. I cross my fingers, I never thought about suicide. Never once.

I don’t know why. I am asking the question to myself. Maybe I don’t stutter enough ? If telling my own name took me about 3 minutes and 23 seconds, would it be different ?

As ironic as it could be, I am grateful for the level of fluency of my speech, in despite of stuttering. I know that it could be so worse. I refuse that the fear of stuttering leads my life.

I refuse to act like a victim. I am not a victim!

And I want to enjoy the fact that I am alive. I want to communicate, because I can do it. I want to communicate facts, personal stories, ideas, hope, help, opinions, claimings and slices of life.

Because beyond stuttering, there is… the life.

PS : After watching those videos, I updated my bucket list and I added the point « #79: Talking about stuttering, happiness and school persistence in partnership with associations of help for people who stutter ». It was the beginning of a beautiful journey 🙂

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